
Ce lieu-dit de Sainte-Sigolène, proche du Villard, est désigné La peÿreÿre dans le cadastre de 1810. Il s’agit de la forme occitane La peirèira, dont nous allons voir deux significations.
1- Peirèira « carrière de pierres »
Le sens le plus commun pour peirèira est « carrière de pierres », il peut aussi s’appliquer à une mine de charbon.
Ouâ, pâ le pic lâchan l’arairo,
Pâ travailla vè Froumignoou,
Pâ s’enfounça dian la pereiro,
N’en vinguè tant d’vè Mounistroou.Oui ! Pour le pic lâchant la charrue,
Albert Boissier, 1933 (mémoire de Ludovic Noirie, 2018)
Pour travailler à Firminy,
Pour s’enfoncer dans la mine,
Il en vint tant de Monistrol !
Firminy (Ferminieu, Freminieu, Frominieu) est à la limite précise entre les parlers occitans et les parlers francoprovençaux. C’est de tout temps un lieu carrefour entre Velay et Forez et le principal lieu de passage entre les deux pays. Albert Boissier a laissé plusieurs textes en patois de Firminy, son parler est classé de type occitan tout en étant fortement imprégné par les formes phonétiques foréziennes.
Dans ce texte, « pereiro » pourrait représenter l’occitan peirèira, mais c’est plus vraisemblablement le forézien pereiri qui est ici adapté à la phonétique occitane. On peut trouver cette forme francoprovençale, pereiri, à Saint-Etienne, dans le dictionnaire de Pierre Duplay de 1896, intitulé La Cla do Parlâ Gaga.


2- Peirèira « terre caillouteuse, pierreuse »
En micro-toponymie, la peirèira désigne souvent une terre caillouteuse. C’est le cas pour le lieu-dit qui nous intéresse ici, La Peyrière, à Sainte-Sigolène.

- On ignorera l’étymologie fantaisiste donnée par P. Duplay. En réalité, pereiri est formée par PETRA « pierre » + suffixe modèle ARIA. ↩︎